Introduction

 

 

          La Côte d’ivoire a retenu comme priorité dans sa politique de protection de la nature, la préservation d’aires protégées représentatives de la diversité biologique. Ainsi, la loi n° 65-425 du 20 décembre 1965 et le décret n° 66-433 du 15 septembre 1965 ont permis la constitution d’un patrimoine forestier important dont près de deux millions d’ ha de parcs nationaux et réserves (PNR).

        Cet ensemble des PNR dont le parc national de la Comoé est géré par le Ministère d’Etat, Ministère de l’Environnement à travers l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) crée par décret n°2002 – 359 du 24 Juillet 2002.

 

Présentation du Parc national de la Comoé

      

                Situation géographique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


                 Le parc national de la Comoé, site du patrimoine mondial et réserve de biosphère, est situé au nord-est de la Côte d’Ivoire dans un domaine de transition entre la savane et la zone forestière guinéenne ; ceci explique sa grande diversité biologique et la variété de ses paysages. Il couvre une superficie de 1 150 000 ha d’un seul tenant.

                  Il est l’un des trois maillons de la « diagonale écologique » du pays et offre sur le plan touristique, les meilleurs perspectives pour la vision de grande faune.

      

                   Faune et flore

 

           Le Parc national de la Comoé compte un grand nombre de mammifères caractéristiques de la savane ouest-africaine, environ 60 espèces y ont été recensées parmi lesquelles (hippotrague, bubale, cobs, guib harnaché, ourébi, divers céphalophes, buffles, éléphant de savane, phacochère, hylochère, lion, civette, plusieurs espèces de mangoustes, plusieurs espèces de primates, oryctérope, oiseaux et des reptiles : crocodiles et varans ). ). Au niveau de l’Avifaune Il a été également recensé 494 espèces, dont 5 espèces menacées à l’échelle mondiale (Circus macrourus, Falco naumanni et Gallinago media ; Ceratogym na elata et  C. cylindricus.

 Au moins 26 des 39 espèces de ce biome présentes en Côte d’Ivoire ont été répertoriées dans le site de la Comoé.

            Il contient une variété remarquable d’habitats et d’associations végétales typiques des régions plus méridionales, dont les savanes boisées, les forêts claires, les galeries forestières et les prairies riveraines.

 

 

 

                  Etat actuel

 

           Bien que bénéficiant d’un statut de stricte protection, le PNC a connu des dégradations importantes;

diminution de plus en plus accentuée des gros gibiers (cobs, bubales, éléphants, buffles,…)

taux d’infiltration dans les PNC est d’environ 1% avec une pointe dans le village de Gorowi.

causes de la dégradation de la flore et de la faune:

-        Braconnage

-        infiltrations clandestines à des fins de culture

-        feux de brousse

-        conflits politiques, etc.

   

        La dégradation inquiétante du  PNC et de sa diversité biologique est également due:

-        aux limites du système actuel de gestion des parcs nationaux et réserves notamment,

-        une insuffisance d'approche concertée,

-        le manque d'adhésion des populations des zones périphériques aux actions de conservation et

-        les limites du cadre institutionnel avec comme pour corollaire la démotivation du personnel.

 

       

    Gestion du parc national, site du patrimoine mondial

 

 

          I – Organisation

 

               Ce site du patrimoine mondial est géré par une cellule d’Aménagement (CAPNC) comprenant 60 agents placés sous la responsabilité d’un directeur nommé par le Ministère d’Etat, Ministère de l’ Environnement . L’ensemble de ce personnel s’efforce à gérer ce patrimoine tout en combinant les trois fonctions essentielles que devra remplir une réserve de biosphère à savoir : 

la conservation : contribuer à la conservation des paysages, des écosystèmes, des espèces et la variabilité génétique ;

le développement : encourager un développement économique et humain durable du point de vue socio-économique, culturel et écologique ;

appui logistique : fournir des moyens pour des projets de démonstration, des activités d’éducation environnementale et de formation, de recherche et de surveillance continue .

 

      Pour l’atteinte de ces objectifs, la CAPNC dispose de 5 bases-vie autour du parc et a bénéficié de l’appui du projet transitoire Comoé d’une durée de 2 ans et demi (Août 1998 à Avril 2001).

 

II- Activités menées ou en cours de réalisation

      

        2.1    Activités menées

 

       En vue de poursuivre l’effort de protection et d’aménagement de ce site du patrimoine mondial, le Gouvernement ivoirien avec l’aide de l’ Union Européenne, a mis en place le projet ci-dessus référencé. Ce programme s’inscrit dans la stratégie d’ensemble de gestion des aires protégées de la Côte d’Ivoire (PCGAP). Il a pour objectifs :
 

 

Objectif global

 

La préservation de la biodiversité du PNC avec un système de gestion durable.

 

Indicateur objectivement vérifiable :

 

Les populations de grands mammifères ont augmenté à partir de l’ an 2001 et l’écosystème du parc sauvegardé.

 

Objectif spécifique

 

La capacité de gestion de la cellule d’aménagement du PNC est renforcé.

 

Indicateur objectivement vérifiable

¨      L’aménagement du PNC est amélioré et la diminution des populations des grands mammifères est arrêté.

 

 

Résultats attendus

 

 

Pour atteindre ce objectifs et résultats attendus, les activités suivantes ont été menées :

 

       2.2.1 -  la surveillance

 

    Pendant l’exécution de ce projet, le système de surveillance a été restructuré et  redynamisé ; ce qui a entraîné un renforcement des capacités des agents de surveillance et une amélioration de leurs conditions de travail par l’acquisition de matériels appropriés, l’instauration de primes et d’assurance maladie. La surveillance s’est effectuée selon trois stratégies :

la permanence au campement Gawi, avec une patrouille dans un rayon de 100 km,

 les équipes relais, non en patrouille, sont en satellite ou embuscade sur les pistes de braconniers,

l’équipe spéciale de lutte anti-braconnage patrouille dans tout les recoins du parc, le long des rivières et dans les forêts galeries ;

ce qui a contribué à la réduction d’environ 50% du taux de braconnage.

    

  

       Pour garantir la conservation de la diversité biologique, des zones de sécurité renforcée on été crées et des survols aériens ont été effectués (65 heures) ; les survols ont un impact psychologique très important dans la zone périphérique à cause de son caractère dissuasif, de la démonstration du renforcement de la surveillance et de l’identification des campements de braconniers.

     Après ces patrouilles, des embuscades et contrôles de routine sont programmés pour évaluer la présence des braconniers dans le parc.

 

    Dans les zones de biodiversité GEPRENAF (Gestion Participative des Ressources Naturelles et Fauniques) des patrouilles mixtes sont organisées avec les populations riveraines dans les de biodiversité GEPRENAF. En cas de saisie et transaction, 70% des montants sont reversés aux populations et 30% à l’administration. Dans ce cadre, les populations du Sud et celles de l’Ouest  du PNC sont organisées en associations villageoises et bénéficient de micro - projets. Les retombées financières servent aux populations riveraines de mener des  actions d’intérêt général (réparation des pompes villageoises, ravitaillement en médicaments de première nécessité  etc. ).

                                                                                                                                                              

 

 

 

 

2.1.2   l’aménagement  

 

            Au cours de la mise en œuvre ce programme, un plan d’aménagement et de développement de la zone périphérique du PNC a été rédigé et adopté. Des  réfections et ouvertures des pistes en Thimo ont été également effectuées avec la collaboration des populations riveraines pour les intégrer dans la gestion du parc ; ceci a favorisé l’émergence d’un secteur privé villageois. C’est ainsi que :

- la piste principale a été aménagée sur  50 km par une entreprise privé

  villageois,

- 350 km de pistes ont été ouverts en Thimo dont 100 km d’ouverture nouvelle,

-  08 transects de relevé de données de suivi écologique sont fonctionnels, et sont

    mis en place par 06 Jeunes déscolarisés (de 2 villages du Sud du PNC) formés à

    Abengourou à la Bosmatié,

- 01 campement permanent de surveillance a été construit au centre du PNC par

  une autre entreprise  villageoise,

- 01 pont a été aménagé sur le tronçon Gawi – Kafolo avec la main d’œuvre locale.

Remarque :  20% des recettes issues de ces travaux sont versés dans les caisses communautaires de chaque village pour effectuer des travaux d’intérêt général.

      

 2.1.3    suivi touristique

 

Le suivi et le contrôle de cette activité consiste à :

 enregistrer les touristes à l’entrée du parc,

 prélever des taxes de visite (sauf visiteurs exonérés de taxes),

 fournir aux touristes des guides qualifiés (association des guides à gansé),

 donner des renseignements utiles aux visites du parc,

 identifier les infrastructures hôtelières les plus proches,

 assurer la sécurité des visiteurs. 

 

De 1990 à 1996, nous enregistrons en moyenne 1000 touristes par an. A partir de 1997 à ce jour cette moyenne a fortement chuté (453 visiteurs) à cause du mauvais état des pistes qui ne permettent pas d’aller plus loin pour la vision des animaux et la situation socio-politique.                                 

 

 

2.1.4 Suivi écologique

 

               Un programme de suivi écologique a démarré dans la partie Sud du parc. Six jeunes villageois riverains ont été sélectionnés et formés en techniques de suivi écologique, huit sites ont été identifiés avec la contribution des responsables locaux de la station de recherche écologique de l’Université de Würzburg basée dans le parc. Sur ces sites, 08 transects de 2 km chacun ont été matérialisés et des relevés de données de suivi écologique s’y déroulent depuis l’an 2000 ; mais à cause de la situation socio-politique, ces activités ont été arrêtées.

                  Un programme de traitement de données et la cartographie des transects est en cours avec la formation de 2 agents du parc. Une initiation de 4 jours aux techniques de suivi écologique de 14 villageois de la zone de biodiversité Geprenaf a été organisée par les gestionnaires du parc.

               Il faut également signaler que depuis une dizaine d’années , il n’y a plus eu d’inventaire dans le parc.

 

 

2.1.5  Sensibilisation des populations riveraines

 

- sensibilisation des populations sur l’importance ce site de patrimoine mondial,

-sensibilisation à la lutte contre les feux de brousse,

- l- a lutte contre les agressions de toutes sortes,

l- a participation des populations à la gestion du parc et à la gestion de sa

  périphérie .

 

2.1.6  Suivi des travaux de recherche

 

         Les chercheurs allemands nous été d’un indicateur appréciable dans la localisation des braconniers. Mais les résultats de leurs recherches nous reste inconnus.

 

 

2.2 - Activités en cours de réalisation

 

    Après la première phase du projet transitoire, une seconde a été mise en place . Elle constituait le cadre pour débuter la mise en œuvre du Programme Cadre de Gestion des Aires Protégées (PCGAP). Un plan d’action annuel a été élaboré à cet effet et basé sur le plan d’opération de la 2ème phase du programme transitoire ; il devrait nous permettre d’atteindre les objectifs et résultats mentionnés dans le Devis programme n° DP/IVC/2002/08.

     Le plan d’opération devrait être actualisé selon les besoins futures du parc et contient :

 

·        un cadre logique avec formulation d’indicateurs,

·        les activités à mettre en œuvre,

·        les ressources à employer,

·        un chronogramme.

 

 

Objectifs  du projet

 

Objectif global

 

La conservation de la diversité biologique et des processus écologiques dans le parc national de Comoé

 

Objectifs spécifiques

 

1 – des systèmes de gestion performants sollicitent de la part d’ONG partenaires un appui technique et administratif à la direction du parc de la Comoé et confiant à des opérateurs spécialisés l’ exécution de certaines composantes du programme.

 

2 – la participation des populations riveraines du PNC à  la gestion durable de l’aire protégée est promue et contribue ainsi à leur développement socio-économique.

 

 

Résultats attendus

 

R1 - le parc est efficacement protégé et son rôle environnemental est restauré.

R2 – la recherche scientifique soutient la mise en place d’un suivi écologique et

        d’ une gestion active des écosystèmes.

R3 – la valorisation touristique du parc est développée.

R4 – dans la compréhension du bien fondé de son existence, en bénéficiant de ses

        divers apports sans lui nuire, les communautés riveraines du parc progressent

        dans leur développement et leur auto-promotion.

R5 – le système de gestion PNC est fonctionnel et autonome.

 

Le programme n’a pas encore été pratiquement exécuté, car le début des activités a coïncidé avec la situation socio-politique  du 19 Septembre2002.

 

 

L'analyse prospective de tous les problèmes identifiés montre que les pressions sur le parc national de la Comoé ne peut que s'intensifier à l'avenir si aucune réponse d'envergure n'est apportée.

 

Pour faire face à cette évolution tendancielle, l’ OIPR avec sa nouvelle approche de conservation et de protection des PNR, devra développer des activités suivantes :

 

-  renforcement du statut des PNR

- l’inventaire des droits d’usage s’exerçant à l’intérieur des limites protégées en précisant soit la reconnaissance pure et simple de leur plein exercice, soit leur abandon;

l’inventaire des droits, autres que les droits d’usage dont pourraient être grevés les terrains à réserver, en précisant soit la reconnaissance pure et simple de leur plein exercice, soit leur rachat amiable;

-  les conditions de circulation et de stationnement

-  la valorisation des PNR en menant les actions suivantes :

 

·        ouverture vers le secteur privé et collaboration avec les organismes chargés du développement touristique ;

·        amélioration des accès des PNR et de l’accueil des visiteurs avec création d’activités de services ;

·        meilleure organisation de la recherche accompagnée d’une vulgarisation des résultats obtenus ;

·        amélioration de l’accès à l’information pour les institutions et acteurs concernés.

·        L’implication des populations riveraines à la gestion des PNR

         Ce résultat vise à alléger les pressions anthropiques à la périphérique des PNR et mieux faire prendre conscience tant aux autorités politiques et administratives qu’à la société civile, de la nature même de l’enjeu constitué par l’instauration d’une gestion durable des PNR.

      

  Les communautés vivant en périphérie des PNR seront des acteurs importants de la protection de la diversité biologique et ses premiers bénéficiaires directs. Elles auront un rôle consultatif dans le cadre des comités locaux et se verront confier concrètement certains travaux susceptibles de générer des revenus directs notamment les travaux d’entretien, le suivi écologique, la lutte contre les incendies, l’accompagnement de touristes, etc. Elles pourront également bénéficier du financement de micro projets de développement compatibles avec la gestion durable des ressources naturelles.  

 

 

 

Conclusion

 

           La Côte d’Ivoire s’est fermement engagé dans un processus de réhabilitation  de ses parcs nationaux et réserves. Cette volonté  s’est clairement exprimée dans la réalisation d’un plan national d’action environnemental et dans la développement de programmes sous sectoriels dont le PCGAP qui lui sont indexés.