Présentation de la Mission Culturelle de Bandiagara.

 

La Mission Cultuelle de Bandiagara est créée par décret 93- 203 P- RM du 11 juin 1993.

Elle est opérationnelle sur le site du patrimoine mondial de Bandiagara depuis janvier 1994.

D’une superficie de 4000km2, le <Sanctuaire de la falaise de Bandiagara> est un site mixte (Culturel et Naturel) reparti entre les trois régions naturelles du Pays Dogon :   le plateau, les falaises et la plaine du Séno-Gondo.

Les cercles de Bandiagara, Bankass et de Koro se repartissent ce périmètre classé qui comprend 289 villages.

En tant que structure publique, la Mission Culturelle de Bandiagara dispose de moyens faibles de l’Etat pour mener ses activités de sensibilisation, de promotion, de conservation, de recherche et de développement touristique et culturel.

Elle collabore depuis un certain temps avec certains partenaires pour la mise en œuvre de ces activités ; parmi eux, il faut citer le Service  Allemand de développement (DED) et la Mission  Archéologique et Ethnoarchéologique Suisse en Afrique de l’Ouest (MAESAO).

L‘organigramme de la Mission Culturelle de Bandiagara se compose comme suit :

1- Le chef de la Mission Culturelle

2- Volet recherche et conservation

3-  Volet promotion/Sensibilisation

4-  Volet développement local.

Le personnel est composé de 7 personnes seulement.

Les sites importants et les circuits du plateau.

 

Le site de la «Â Falaise de Bandiagara » a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 1989 en tant que bien mixte (Culturel et Naturel).

 

1)-  Le plateau   :

 

 1-1  Le Plateau Est (région de Sangha) :

 

C’est une zone qui regorge les sites et monuments pittoresques dont les plus fabuleux sont les habitats tellem et l’architecture de terre Dogon. Ente les Ogol et la vallée de Toloy (prés de pégué), une civilisation prétellem a été mise à jour par les chercheurs néerlandais de l’Université d’Utrecht ; il s’agit de grenier du 3é-2é siècle avant J. C (selon une datation faite au carbone 14), construits en boudin de glaise.

A coté de ces greniers pretellem, d’autres constructions en briques crues existent et sont l’œuvre des Tellem qui ont vécu dans la zone entre le 11é et 14é siècle après J .C.

La culture matérielle et immatérielle dogon (architecture, masques et traditions sociales et religieuses) complètent la gamme des attractions dont regorgent les 10 villages de Sangha et leurs environs.

Quelques villages importants sont situés sur le parcourt Bandiagara-Sangha :  Lougourougoumo, Gandakilémo, Andioumbolo, Kamma-Sendé, etc.

 

1-2 Le plateau Ouest (région de Niongono, Songho et de Pa) :

 

C’est une autre architecture et de paysage du plateau dogon. La zone est connue surtout à cause des fresques du village de Songho situé à 14 km au Sud-Est de la ville de Bandiagara, où se déroulent encore les cérémonies triennales de circoncision. Du coté Nord on rencontre des villages impressionnants situés sur les éperons rocheux avec une architecture caractérisée par la forme circulaire de l’habitat comme c’est le cas à Pa (non loin de l’axe Somadougou-Bankass) ou à Niongono (situé à quelques 10 kilomètres à l’Est du site historique de Déguembéré).

Déguembéré est également une des attractions de cette zone, à cause non seulement de son histoire ( c’est là qu’à disparu en 1864 le conquérant Toucouleur venu du Fouta Toro(Sénégal), Elhadj Oumar Tall) mais, aussi du paysage exceptionnel de collines et de végétations luxuriantes.

La mosquée de Nando est l’une des plus impressionnantes architectures moyenâgeuses du Pignari (nom d’une grande contrée de la région du plateau Ouest), lieu de culte et de rite, elle date du 12é siècle après J.C. et comporte aussi bien des motifs décoratifs préislamiques et islamiques. Elle est très visitée par les populations locales de toutes les origines qui lui attribuent des pouvoirs de fécondité et de fertilité.

 

2)- La région des falaises :

 

C’est la région la plus attractive du Pays Dogon, elle s’étend du Sud au Nord sur une cinquantaine de kilomètres et recèle des sites culturels et naturels d’une harmonie exceptionnelle.

 

2-1  La région Sud des falaises.

 

Des villages hauts perchés sur le flanc des falaises constituent les attractions de cette zone.

Kani Kombolé, Téli, Enndé où Yabatalou sont des anciens sites dont l’architecture des greniers (Tellem et Dogon) et d’anciens sanctuaires et maisons de «Â Hogon » s’intègrent à la nature des falaises constituée de cascades et de pics rocheux qui réveillent la curiosité du visiteur.

Le village de Bégnématou est un point d’escale très prisé par les visiteurs qui fréquentent ce circuit des falaises. Bégnématou est un campement fort intéressant de par sa position médiane entre le plateau et le rebord des falaises ; il offre un spectacle naturel d’une rare beauté.

D’autres sites de villages sont beaux et apportent un plus au circuit du Sud :  Doundioulou, Konsogou, Guimini (avec ses échelles traditionnelles), Soninghé, Dourou etc.

 

2-2  La région Nord des falaises.

 

Elle contient  sans nul doute, les impressionnants sites du Pays Dogon.

Nombori, Téreli, Iréli, Banani, Nénni, le temple de Arou, Yendouma-Ato, Yougo Piri, Yougo-Dogourou, Yanda, Bamba ou Tiyogou sont des villages des éboulis des falaises très connus des nombreux visiteurs qui parcourent annuellement le Pays Dogon.

L’architecture en terre (Tellem et Dogon) et les constructions géométriques serrées des villages, les traditions et pratiques sociales et religieuses, l’art et l’artisanat ainsi que le rythme  de vie des populations de cette zone constituent les attractions locales des milliers de visiteurs vers cette région. Elle fut  le champ de prédilection de l’essentiel des chercheurs archéologiques et ethnographiques entreprises sur la culture Dogon depuis la mission Dakar- Djibouti du célèbre professeur français Marcel Griaule en 1931. 

L’environnement naturel constitue également une attraction dans cette partie des falaises : le «Â face à face » apparemment paradoxal de la chaîne de montagnes et des dunes fixes en certains endroits, offre une scène  admirable  de couleurs et de contrastes exotiques dont rêve une catégorie de touristes.

 

3)-  La plaine du Séno-Gondo.

La zone occupe une bande sablonneuse au Sud-Est des falaises du coté du Burkina Faso. C’est une vaste plaine de culture où coexistent agriculteurs dogon et éleveurs peuls du Séno. Elle se caractérise par une architecture constituée de grands greniers rangés et de toguna aux pilastres artistiquement sculptés.

Certaines localités sont très belles le long d’un tracé allant de Koporo Pen  au Sud à Diankabou au Nord :  Domblossogou, Anakila, Madougou, Anakanda, les paroisses catholiques de Pel et Parapiréli,  Diankabou et sa mare, etc.

 

4)-  Quelques sites du Pays Dogon mal connus.

 

Il s’agit de la région Nord du plateau de Bandiagara dont le potentiel culturel et naturel est mal connu des visiteurs à cause de son inaccessibilité. Certains sites font l’objet de visite actuellement ; il s’agit, entre autres, des localités de Borko, Dogani, Toupéré, Tintam à l’extrême Nord du plateau et d’autres villages tels Ondogou, Mori, Dé connus par le biais du partenariat du jumellage-coopération Mali- France.

 

5)-  Les différentes activités menées sont :

  

-   Information et sensibilisation des populations du site du patrimoine mondial ;

-   Inventaire et documentation des biens culturels et naturels significatifs ;

-   Promotion d’activités culturelles et touristiques ;

-   Conservation, recherche et éducation dans le domaine du patrimoine, des sciences sociales et du tourisme rural;

-   Préservation de l’environnement ;

-   Développement participatif local et gestion des ressources naturelles et culturelles ;

-   Appui à l’artisanat traditionnel et valorisation des savoirs et savoir-faire locaux.

 

6)-  Les réalisations menées.

 

-  la construction ou la réhabilitation des d’infrastructures touristiques et culturelles :   campement communautaire de Amani et Kani Kombolé, musée villageois de Nombori et de Enndé ;

-   La restauration de monuments et sites anciens :   architecture de terre de l’ancien site de Téli ;

-    L’aménagement de la mare à caïmans de Amani ;

-    La préservation de l’environnement des sites : programme d’assainissement des sites et recyclage des déchets à Songho, Enndé, Amani, Kani Kombolé et Téli ;

-    L’appui à l’artisanat et la valorisation des savoirs faire traditionnels : groupement des femmes teinturières de Enndé et de Dourou ;

-   Renforcement des capacités de gestion des comités villageois etc.

 

7)-  Le partenariat.

 

La Mission Culturelle de Bandiagara bénéficie d’une subvention annuelle de l’Etat pour assurer son fonctionnement. Le DED apporte un concours technique (Assistant technique) et financier dans le cadre du projet «Â Ecotourisme en Pays Dogon ».

Depuis 1995, la Mission Culturelle de Bandiagara  collabore avec la «Mission Archéologique et Ethnoarchéologique Suisse en Afrique de l’Ouest »   (MAESAO).

 

8)- Perspectives de gestion  future site de Oundjougou.

 

A partir de notre expérience de gestion de site, nous proposons trois pistes devant mener à la préservation et la mise en œuvre durable du périmètre archéologique :

 

a)  La création d’un musée local :

 

Il s’agit de pouvoir mettre en évidence les résultats issus des différentes découvertes des recherches. Cela constituerait un circuit de visite tant pour les touristes qui passent pour Sangha (le gisement est en effet situé au bord de la route reliant Bandiagara à cette village) que pour des  nombreux universitaires et scientifiques qui affluent chaque année au Pays Dogon. Ce musée contribuerait également à la formation des jeunes dogon dans le domaine de  la connaissance de leur patrimoine.

 

b) La mise en œuvre d’un programme de préservation des plantes et de la biodiversité.

 

Une bonne partie du Pays Dogon  est inscrit sur la liste du patrimoine mondial comme site mixte à ce titre, la Mission Culturelle doit prendre en compte la dimension environnementale dans son programme de gestion du gisement de Oundjougou. Récemment nous avons été approchés par certaines associations de thérapeutes du plateau dogon pour la mise en œuvre d’un programme de régénération  d'espèces végétales  utilisées dans la médecine traditionnelle. Oundjougou peut être le site expérimental pour un tel projet, vu l’importance de sa flore et de environnement botanique.

 

c) La préservation du site menacé par  l’érosion.

 

Le gisement d’Oundjougou souffre du phénomène de l’érosion due, aux eaux torrentielles des pluies et de l’harmattan. Il nous semble nécessaire d’élaborer un programme  de restauration de l’écosystème en menant une lutte anti-érosive à  laquelle les populations participent activement. Il existe déjà au Pays Dogon, des techniques et méthodes traditionnelles de lutte telles que, le système de cordons pierreux, la réalisation des diguettes etc. Ce projet qui est un véritable programme de développement local, revêt pour les populations une importance toute particulière. Il est également essentiel pour les conservateurs nationaux du site qui y voient un moyen sûr pour préserver de façon durable un élément cardinal du patrimoine physique immobilier du Plateau Dogon.  

 

9)- Les difficultés rencontrées :

 

-   Insuffisance de moyens adéquats pour bien mener les activités sur le terrain.

-   L’inaccessibilité de certains sites due à l’état défectueux des pistes.

-   L’influence du tourisme.

-   L’introduction des religions étrangères dans la zone (religion musulmane et chrétienne).

 

Les objectifs (Attentes) pour se stage sont :

                                                          

1-     Echanger les expériences avec les autres participants ;

2-     Pourvoir élaborer un plan de gestion ;

3-     Pourvoir connaître  les outils de suivi et élaborer un plan de suivi ;

4-     Connaître la méthodologie utilisée pour élaborer un plan de gestion ;

5-     Connaître les outils d’un plan de développement local.