2. DE LA BIODIVERSITé à L'ENVIRONNEMENT NATUREL

2.1. DéFINITIONS

La notion de biodiversité ou de diversité biologique n'est prise en compte de façon sérieuse, dans le milieu de la recherche, que depuis un quart de siècle environ, en relation avec une accélération sensible et préoccupante de disparitions de formes biologiques de tous ordres. L'analyse de la notion de biodiversité en a révélé progressivement la complexité et, de ce fait, sa richesse et son importance pour la survie de l'espèce humaine, dans la perspective d'un développement durable. La disparition de chaque code génétique constitue, non seulement un appauvrissement, mais aussi la disparition d'un solution alternative en cas de catastrophe ou de crise (possibilité de remplacer une espèce défaillante par une autre plus compétente).

Cette complexité du monde biologique a entraîné un essai de typologie qui permettrait une analyse plus claire des problèmes susceptibles de se poser et des types de réponse qu'il serait possible d'y apporter. Le programme international UNESCO-SCOPE-UISB a proposé (Solbrig, 1991) une structure hiérarchisée de la biodiversité reposant sur trois niveaux d'approche :

- Le niveau génétique : les unités sont des gènes et les entités considérées sont des populations ;

- Le niveau spécifique : considéré à l'échelle des peuplements, les unités sont des espèces.

- Le niveau fonctionnel : considéré à l'échelle des écosystèmes, les unités sont des groupes fonctionnels, c'est à dire des ensembles d'espèces assurant plus ou moins une même fonction (communautés).

Au niveau élémentaire (niveau moléculaire) la biodiversité correspond à la diversité génétique. Elle s'établit donc au niveau de chaque unité vivante, c'est à dire de chaque organisme. Cette diversité génétique correspond en fait à deux niveaux d'approche : le niveau du visible, c'est à dire de l'apparence de l'individu considéré, en d'autre termes de son phénotype ; et le niveau de la totalité de l'information génétique incluse dans son génome, constituant son génotype.