ETHIQUE ET EXPERIMENTATION ANIMALE


Citation : Ramousse R. 1996. Ethique et expérimentation animale. [En ligne] Dernière mise à jour sept. 2002. http://www.cons-dev.org/elearning/ethic/index.html

Glossaire et compléments

Rangifer tarandus
Renne. Mammifère, ordre des Ongulés, famille des Bovidés. Malgré son importance pour l'alimentation et la fabrication des outils au Paléolithique supérieur, il n'est que faiblement représenté parmi les peintures murales.
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Rattus norvegicus

Mammifère, ordre des Rodentia, famille des Muridae.
Rat brun ou gris qui vit dans les caves sombres ou les égouts, donc peu au contact de l'homme, mais dont dérive le rat blanc. Venant d'Asie centrale, il a remplacé au XVIIIe siècle Rattus rattus.
C'est un porteur de maladies transmissibles à l'homme comme la peste, le typhus, la rage,....
Rattus rattus
Rat noir. Naguère habitant favori des vieux navires de bois et des greniers, dont la place a été partiellement prise par le rat gris.
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récompense

Traduction des effets appétitifs pour l'animal consécutifs à une classe d'évenements.
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Renard

Mammifère, Ordre des Carnivore de la famille des Canidés.
Vulpes vulpes (L. 1758).

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renforcement

Procédure qui entraîne l'augmentation de la probabilité d'émission d'une réponse.
Agent renforçateur
Stimulus, introduit par l'expérimentateur, qui augmente la probabilité d'apparition dune réponse comportementale.
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représentation mentale

Ensemble d'informations pertinentes pour un individu qui s'inscrivent (mémoire) dans le cerveau à la suite des expériences vécues dans le dialogue avec le milieu. C'est par référence à ces représentations internes que l'information sensorielle du moment acquiert des vertus incitatives et que s'opère le choix d'une stratégie comportementale appropriée. Elles sont à la fois le fruit et moteur des interactions avec le milieu.
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ressources

Toute matière, énergie, organisme, abri, etc... utilisable par un individu ou un groupe pour son usage direct ou indirect (échange).
ressources naturelles
Production du milieu que l'homme peut utiliser pour son développement, sa vie, sa survie (Energie, matière, information).
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romantisme

Cette démarche accorde des droits à la nature tout entière, y compris végétale et minérale. Elle se trouve incarnée au niveau juridique par la loi de novembre 1933 Tierschutzgesetzt, édictée à la demande de Hitler. La nature est réévaluée pour elle-même.
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Rossignol

Oiseaux, Passereaux, Turdidés.
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sélection naturelle

Elle n'est pas uniformisante comme le pensait les typologistes, mais diversifiante, comme l'ont démontré les populationnistes. Ce paradoxe a reçu deux explications :
la première, dite neutraliste, avance que la plupart des mutations sont neutres ou que les divers allèles d'un même gène ont à peu près la même valeur sélective, leur diffusion dans une population donnée n'obéit qu'aux lois du hasard. En effet les enzymes fondamentales pour le fonctionnement de la cellule n'ont quasiment pas varié depuis les temps très anciens, alors que les molécules peu actives dont le rôle physiologique est secondaire peuvent donner lieu à de multiples mutations, sans que cela modifie notablement la physiologie ou la morphologie de la cellule. De même au sein des molécules douées d'une activité quelconque, les mutations ont tendance à se produire et à être conservées quand elles affectent une zone éloignée du site actif. Ainsi dans la grande majorité des cas, la sélection serait conservatrice, agissant comme un gendarme chargé de maintenir l'ordre établi.
La seconde, dite selectionniste, admettant la non-neutralité absolue des mutations ou tout au moins de leurs combinaisons, rallie de nombreux naturalistes. L'hétérogénéité du patrimoine héréditaire perceptible tant au niveau de l'individu (hétérozygotisme) qu'à celui de la population tout entière (polymorphisme génétique) correspond à l'hétérogénéité de la niche écologique dont les conditions changent sans cesse dans le temps, mais aussi dans l'espace. L'espèce polymorphe voit donc sa niche écologique s'agrandir de façon considérable, en même temps que ses ressources augmentent et que la compétition diminue.
En réalité, ce n'est pas l'individu, comme le pensaient les darwiniens, ni même les gènes, selon le néodarwinisme, qui constituent l'unité de base du vivant ; c'est toute la population.
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Souris Staggerer

Elle est apparue en 1955 à Bar Harbour au Jackson Memorial Laboratory. Récessive, due à un gène unique sur le chromosome 9, elle est fixée sur la souche C57BL/6 et affecte le cervelet de la souris en en réduisant le volume et en provoquant des dégérescences transsynaptiques.
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spéciation
Naissance d'une nouvelle espèce à partir d'une espèce mère. Le processus de cette naissance peut varier (spéciation géographique, chromosomique, graduelle...).
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stratégie

Expression métaphorique utilisée pour décrire l'évolution, mais qui n'implique pas une finalité de la sélection naturelle. Les individus qui possèdent des caractères héréditaires avantageux se reproduient plus facilement que les autres, de sorte que ces caractères se propagent.
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stratégie adaptative

C'est l'ensemble des processus qui permettent à une espèce de maintenir et fortifier sa position dans ses milieux de vie habituels. Ces processus (comportements et fonctions physiologiques) ont leurs bases héréditaires inscrites dans les gènes communs aux individus de la même espèce. Indispensables au maintien et à la croissance des populations, ces stratégies sont supposées avoir pour finalité la dissémination optimale des gènes, porteurs des traits ou caractères de l'espèce. C'est donc la solution optimale, dans les conditions actuelles (potentialités génétiques, plasticité éthologique et écophysiologiques, contraintes de l'environnement) du système population-environnement en cause. Problème de la solution optimale, de la stabilité de l'environnement donc de la solution. Attention à l'amalgame entre stratégies adaptatives spécifiques par lesquels une espèce assure sa pérénnité et son expansion (phylogenèse, dynamique des populations et démographie) et les stratégies adaptatives individuelles que chaque individu mobilise dans les divers environnements où il vit à partir de son vécu et de ses caratéristiques biologiques. Adaptation. Biologie évolutive. Optimum.
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stratégie de reproduction ou démographique

D'après la théorie de l'évolution, les stratégies des individus reproducteurs tendent à optimiser le nombre et la viabilité de leurs descendants. Il est possible de maximiser soit le nombre de rejetons (production du plus grand nombre possible de jeunes), soit la qualité des soins (petit nombre de jeunes mais surveillance). Dans ce dernier cas, le choix d'un partenaire efficace est essentiel. Stratégies amoureuses. Pour la science, 1990, 160, 13-15.
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stress

Notion ambiguë qui recouvre un état tout en faisant référence à ses causes Il faut la considérer comme une facilité de langage. ce sont les réactions qui mettent un sujet en équilibre avec son milieu, grâce à ses capacités d'adaptation. Ces réactions, dites non spécifiques, s'appliquent selon un même schéma apparent, à de miltiples situations contraignantes de type et de degré très variables. Elles mettent en jeu des interrelations compliquées entre des processus neuro-endocriniens, humoraux et comportementaux.
Le stress se rapporte à des états forts différents; à l'agression de caractère assez brutal pour susciter une certaine intensité réactionnelle, aussi bien qu'à la simple situation d'inconfort se signalant par une dysharmonie physiologique latente.
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symptôme

Phénomène, caractère perceptible ou observable lié à un état ou à une évolution (le plus souvent morbide) qu'il permet de déceler.
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syndrome

Ensemble bien défini de symptômes qui peut s'observer dans plusieurs états pathologiques différents et qui ne permet pas à lui seul de déterminer la cause et la nature de la maladie.
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test de Draize

Standardisé dans les années 1940, ce test détermine l'irritation oculaire des lapins auxquels on administre la substance selon un protocole précis. Ce test très douloureux est très controversé. Il n'est pas spécifique, car il ne fait pas la différence entre une lésion permanente de la cornée et une simple inflammation des conjonctives. Il ne donne pas d'information sur la façon dont l'irritation se produit. Des programmes de recherche d'une alternative à ce test se sont développés ces dernières années. En Europe, un règlement aménera l'arrêt complet de l'utilisation de ce test à partir de 1998. Des cultures de cellules de cornées sont utilisées en substitution. L'eyetex est un test de substitution qui utilise des membranes végétales. L'orsqu'un produit est irritant, les protéines vététales précipitent et le réactif devient plus opaque. Le classement du produit testé en fonction de son innocuité est obtenu par comparaison avec une courbe étalon.
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tests toxicologiques

Les tests toxicologiques aigus (DL 50 ou DE 50 n'enregistrent que le taux de mortalité. Les tests d'irritation oculaire (test de Draize et cutanée, le test de photosensibilité permettent à l'expérimentateur de quantifier l'irritation et l'inflammation, sans faire référence au comportement. Mais il faut remarquer que ces tests ne prennent pas en compte les connaissances acquises dans le domaine de la chronobiologie montrant l'importance de la structuration temporelle des phénomènes biologiques. En particulier, l'existence d'une chrono-susceptibilité circadienne vis-à-vis d'agents nocifs, chez des souris provenant d'un élevage consanguin (Halberg F., 1969), d'une chronosusceptibilité circadienne et annuelle chez le rat (Mayersbach et col., 1973-1975; Scheving et col., 1975) ainsi que chez l'homme (Reinberg, 1977) implique que la toxicité d'un agent potentiellement nocif dépend de l'heure (dans le jour) et de la saison (dans l'année) d'exposition de l'animal à cet agent. La définition de la DL 50 n'a alors de sens que si la synchronisation des animaux testés est connue et si le moment précis d'administration de la substance est lui-même connu. Cependant l'utilisation des animaux pour certains de ces tests est en réduction depuis 1987 (réduction de plus de 90% de l'utilisation des animaux par deux grandes firmes cosmétiques américaines, Avlon et Revlon; Anonyme, 1989). Mais il ne semble pas que les test in vivo de substitution fassent grand cas de la chronosusceptibilité pour autant (Goldberg A. & Frazier J., 1989).
Les tests de toxicité subaiguë et chroniques renseignent les chercheurs sur le pouvoir cancérigène, les doses mortelles, les mécanismes d'action, les organes cibles et les symptômes de substances et ce sur des durées de deux semaines à deux ans. De telles durées seraient compatibles avec une étude du comportement spontanée des animaux soumis à ces tests. Les résultats obtenus faciliteraient une description plus fine des symptômes exprimés et éventuellement, une meilleure compréhension des mécanismes d'action de la substance testée. Par exemple, une substance génotoxique est un cancérogène potentiel qui ne produit pas nécessairement un cancer. Or la prise en compte du comportement des individus testés pourrait faciliter la caractérisation des conditions environnementales et historiques potentialisant les effets de la substance et donc limiter les erreurs de classification (faux positif ou faux négatif) de ces substances.


D'autres tests évaluent l'action des substances étudiées sur la reproduction et sur le développement. Dans ces cas là, une étude du comportement reproducteur permettrait de préciser les conditions d'action de la substance testée. EIIe peut intervenir, par exemple, au niveau des entrées sensorielles (un rat mâle vierge rendu anosmique présente des difficultés pour réaliser des intromissions ; Bermant & Taylor, 1969) ou au niveau hormonal (des rattes inséminées après un faible nombre d'intromissions deviennent plus rarement gestantes). En effet les intromissions entraînent les modifications endocrines nécessaires à l'implantation de l'embryon ; Adler 1969). Mais, surtout, ces tests se préteraient aisément à des études ontogénétiques, c'est-à-dire, de la mise en place des comportements étudiés.
Les tests neurocomportementaux comme les tests d'activité spontanée, de toilettage de la souris, de défécation en open-field, ne considèrent le comportement que comme un révélateur d'un état psycho-physiologique grossièrement mesuré et défini (activité, exploration, émotivité, agressivité).
L'activité, par exemple, est mesurée par différents types d'appareillage et les scores réalisés par l'animal dans ces différentes conditions ne mesurent pas nécessairement la même activité. Cependant, des systèmes de trajectométrie, en deux dimensions, ont été mis au point depuis quelques années qui permettent la mesure automatique et en temps réel de l'activité motrice spontanée d'un animal dans sa cage d'élevage (P. CIément et col., 1988). Le développement, semble-t-il prochain, de système de trajectomètrie en trois dimensions devrait améliorer la finesse et la diversité des paramètres mesurés. Par ailleurs, le problème de la définition des activités prises en compte débouche sur des questions d'interprétation. Ainsi, les activités exploratoires dans une situation nouvelle ou comportements d'adaptation à un milieu nouveau sont mesurées au cours de tests dits de "situation libre" ou open-field par la locomotion. Or, l'introduction d'un animal dans un open-field déclenche des conduites d'exploration mais aussi des réactions neuro-végétatives (miction, défécation) et neuroendocriniennes (augmentation de la réponse corticosurrénalienne), caractéristiques du stress. Ces dernières ne sont pas provoquées par la nouveauté mais par l'impossibilité pour l'animal de revenir dans son milieu familier (Misslin 1984). Pour n'observer que des activités exploratoires, l'animal doit pouvoir pénétrer librement dans un compartiment nouveau et pouvoir revenir à son compartiment familier. Dans ces conditions, l'animal séjourne plus longuement dans le compartiment nouveau, mais il se déplace plus dans le milieu familier. L'activité locomotrice n'est pas un indice fidèle du comportement explorateur. Ainsi, les effets de la même dose de méthamphétamine sont différents au niveau comportemental : cette substance augmente le niveau de l'activité locomotrice de la souris et réduit la préférence pour le milieu nouveau.
Enfin les tests comportementaux proprement dit (conditionnements et apprentissages) évaluent les fonctions cognitives de l'animal en cours de développement et de l'adulte.
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Thorndike E.L.

En réaction à l'approche de G.J. Romanes, il a proposé une démarche se voulant plus objective. Il a restreint ses études de l'animal au laboratoire et inventa les "boîtes à problèmes" et préconisa l'utilisation des labyrinthes. Il testa surtout quelques espèces, lapin, chat, et surtout le rat blanc ou "rat de laboratoire".Il est à l'origine de deux lois importantes dans le domaine des théories de l'apprentissage. La loi de l'apprentissage par essai et erreurs : qui met l'accent sur le rôle des répétitions dans la fixation des réponses. La seconde, la loi de l'effet qu'il formule en ces termes "Sur l'ensemble des réponses produites, celles qui sont accompagnées ou suivies d'un état satisfaisant pour l'animal, seront, toutes choses égales par ailleurs, plus fortement liées à la situation et auront ainsi toutes chances d'être sélectionnées quand l'animal se retrouvera dans des conditions indentiques de stimulation". 1898, Animal intelligence : an experimental study of the associative processes in animals, Psychological rewiev, Monographs supp., 2 (8) : 1-109.
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totémisme

Le totem est un animal considéré comme l'ancêtre et par suite le protecteur d'un clan. Le culte du totem constituerait la forme primitive de la religion.retour

Animaux transgéniques

Animaux ayant intégré dans leur génome un gène provenant d'une autre espèce, transmissible à leur descendance. Des souris géantes ont été obtenues par injection du gène de l'hormone de croissance de rat dans les oeufs de souris tout juste fécondés (R. Palmiter et Brinster R., 1982). Mais ces super-animaux ne se reproduisent qu'avec difficulté, ils ont par ailleurs divers troubles de santé et ils vivent moins longtemps que les animaux témoins. Il faudrait pouvoir moduler l'activité des gènes introduits, mais les stimuli efficaces chez l'animal transgénique ont de fortes chances d'agir en même temps sur d'autres gènes de ce même animal et ce, d'une manière plus ou moins indésirable. Des modifications génantes au niveau comportemental pourraient se manifester. De plus, le risque que des animaux transgéniques s'évadent vers le milieu naturel et que des tares non décélées chez de tels animaux entraînent une disparition de l'espèce ne peut être exclu. Il faudrait donc réaliser une observation des animaux transgéniques pendant plusieurs générations avant que ne soit pris le risque d'une évasion incontrôlée vers le milieu naturel.
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tuberculose

Maladie causée par le bacille de Koch Mycobacterium tuberculosis. Cette maladie est à contagion directe, d'homme à homme, ne nécessitant l'intervention d'aucun vecteur intermédiaire. La contagion ne peut se faire que si la concentration humaine est assez dense. Elle est considérée abusivement par beaucoup comme une maladie typique des pays tempérés, qui s'est étendue lors de la paupérisation des classes les plus modestes et de leur concentration urbaine qu'amena la révolution industrielle. Les animaux sauvages et plus encore domestiques, tels les bovidés, sont sensibles à des races extrêment voisines du bacille de Koch. Au néolithique où les animaux domestiques se groupent en troupeaux vivant dans une promiscuité étroite avec l'homme, lui-même regroupé dans des villages, conditions favorisant l'endémie. La maladie dut exister très tôt dans l'humanité. L'étude des momies nous a laissé quelques traces de lésions osseuses pouvant être considérées comme tuberculeuses (Ruffié & Sournia 1993).
La déclaration de cette maladie ne fut imposée en France qu'en 1964.

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Table des matières1. Introduction
2. Ethique 3. Animal / Animaux
4. Expérimentation animale et Vivisection5. Animal de laboratoire
6. Animal : être sensible7. Le modèle comportemental
8. Statut juridique de l'animal9. Conclusion


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Ramousse